Nouvelle-Calédonie
14/01/2010
Par Rfo.fr (avec AFP)
SOCIETE. Gérard Jodar est libre
La cour d’appel de Nouméa a décidé jeudi la remise en liberté du président de l’USTKE, Gérard Jodar.
La peine de Gérard Jodar avait été ramenée à neuf mois de détention en appel © AFP
Le syndicaliste était incarcéré depuis fin juin après des manifestations syndicales qui avaient dégénéré en échauffourées.
"Ce fût une expérience enrichissante. Je n’avais pas notion de ce qui se passait au Camp Est (prison de Nouméa : ndlr), les gens sont traités comme des chiens. Un jour, il va y avoir une révolte", a déclaré M.Jodar, à sa libération.
Un groupe clairsemé de militants était venu accueillir le leader syndical dont la stratégie a engendré des différends au sein de l’organisation, deuxième syndicat de Nouvelle-Calédonie.
M. Jodar, 58 ans, avait été condamné à un an de prison ferme le 29 juin 2009 pour entrave à la circulation d’un avion, après une manifestation lors d’un conflit à la compagnie locale Aircal, qui avait entraîné des affrontements avec les forces de l’ordre.
Situation inadmissible
En appel, sa peine avait été ramenée à neuf mois de détention en septembre dernier. A l’occasion de la détention de son président, l’USTKE (indépendantiste) a mené une campagne pour dénoncer l’insalubrité et la surpopulation au Camp Est, qui abrite plus de 400 détenus pour 192 places.
Installée dans des locaux datant de l’époque du bagne, la prison est régulièrement le théâtre d’agressions contre les gardiens, en sous-effectifs, mais également d’évasions.
La semaine dernière, une délégation de parlementaires écologistes, emmenée par l’eurodéputé José Bové, a visité l’établissement, dénonçant son "indignité".
Suite à cette mobilisation, le gouvernement a pris des engagements pour mettre un terme "à la situation inadmissible" au Camp Est, comme l’a qualifiée jeudi Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice, dans une interview aux Nouvelles Calédoniennes. Selon elle "la restructuration" est "une priorité", des experts ayant recommandé sa "démolition-reconstruction".
Mme Alliot-Marie a en outre déploré le développement insuffisant des aménagements de peines en Nouvelle-Calédonie.
