Nouvelle-Calédonie
29/06/2009
JUSTICE. Un an de prison ferme pour le président du syndicat USTKE
Le président de l’USTKE, Gérard Jodar, a été condamné lundi à Nouméa à un an de prison ferme, pour une opération menée par le syndicat et qui avait dégénéré fin mai à l’aéroport domestique.
Gérard Jodar devant le tribunal © RFO
Gérard Jodar, qui a fait l’objet d’un mandat de dépôt, a été reconnu coupable d’entrave à la circulation d’un aéronef. Son principal lieutenant, Michel Safoka, a également été condamné à un an ferme.
En tout, 28 militants du syndicat indépendantiste étaient poursuivis. De 4 à 12 mois de prison ferme ont été prononcés pour six d’entre eux. Tous vont faire appel de ces décisions. "J’ai une réaction d’écœurement. C’est une décision de justice coloniale digne d’un pays totalitaire", a déclaré à la presse Louis-Kotra Uregei, fondateur de l’USTKE (Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités), élu au Congrès du territoire depuis mai dernier.
Prise de l’aéroport
De son côté, Me Jean-Jacques Deswartes, avocat de la compagnie aérienne domestique, Aircal, a déclaré que "l’USTKE menait des action de banditisme et non de syndicalisme" et que Gérard Jodar avait donc été jugé comme "un délinquant, et pas comme un syndicaliste".
Le 28 mai dernier, plusieurs centaines de militants USTKE avaient pris d’assaut l’aérodrome domestique de Magenta et certains étaient montés à bord de deux appareils de la compagnie Aircal, qui ont été endommagés.
Des échauffourées avaient opposé forces de l’ordre et manifestants, les grenades lacrymogènes répondant aux jets de pierre, voire de cocktails Molotov. Le licenciement, jugé abusif, d’une employée de la compagnie Aircal, est à l’origine de ce conflit, pour lequel un accord avait ensuite été trouvé, mais la direction de la compagnie a refusé de le signer.
Récemment, une pétition pour dénoncer les actions de l’USTKE avait rassemblé 15.000 signatures.
